Déssante en enfer. 1/3

J'ouvris la porte aussi vite que je le pus, activant fébrilement chaque mécanismes. manquant plus d'une fois de bloquer l'ensemble dans ma hâte.
Enfin le sol du grand hall s'ouvrit, le trou béant qu'il dissimulait laissant échappé un vent glacial.
Un frisson me parcouru mais il n'était plus temps d'hésiter. J'avais remit ma d'essente bien trop de fois, laissant le locataire qui ce trouvait au fond du dédale trop longtemps sans surveillance, et le prix de ma bêtise et de ma crainte semblait devoir être des plus élevé. Prenant une grande inspiration je dévalais donc les marches quatre à quatre, m'enfonçant de plus en plus profondément dans les ténèbres en direction de l'ancienne Avalon. les immenses racine de mon palais s'enfonçaient en de paresseuses circonvolutions autour de moi, en direction de cet île séculaire reposant au milieu d'une mer de brume et de songe.
La descente me sembla durait une éternité mais je finis par arriver enfin à l'ancien débarcadère.
Je pris tout juste le temps de constater à quel point le temps avait marqué le lieux avant de me diriger sans plus attendre vers le portail menant au temple.
Comme je le craignait je le trouvais entre ouvert. Les lourdes chaînes, qui avaient maintenues ces portes pendant tant d'éons, écroulées en tas devant lui. le passage avait été ouvert de l'extérieur et non forcé depuis l'intérieur...
J'étais éthéré. Comment avais-je put être aveugle au point de ne pas ressentir son influence lorsqu'elle avait dépassée les frontières de sa geôle pour s'étendre jusqu'au c½ur même de mon palais... de mon être.
ici les jardins autrefois luxueux qui entouraient l'entrée de l'ancienne demeure des prêtresses étaient envahit par des plantes de Cauchemar et la gloire ses statues qui en bordaient les halées étaient depuis longtemps passée.
Quand à celles, immenses, qui ce dressaient toujours entre la porte et le monde extérieur, gardiennes vigilantes et immobiles, aux effigies de Lilite et de mon frère étaient désormais méconnaissable.
la porte de chaine et de fer qu'ils avaient gardés des siècles durant était elle fracassée. Arraché de ces gond par une force venu de l'intérieur du bâtiment...
le sabre au claire je courait maintenant dans les dédales du complexe. me guidant à peine à la lueur de la multitude de bougies qui s'allumaient à mon approche pour retrouver le chemin conduisant à la bête.
Mes pas été étouffaient par l'épais tapis rouge qui couvrait le dallage de pierre mais je ne me faisais aucune illusion. Libre où non il savait déjà que j'approchais.
Aussi, une fois arrivé au seuil de la grotte, je marquais un temps d'arrêt et scruté la pénombre à la recherche du locataire des lieux. Je finis par entrevoir dans un coin sombre une masse recouverte de chaînes qui bougeait légèrement.
N'osant croire à une telle chance je m'avançais prudemment jusqu'au prisonnier et, le sabre prés à frappé, je retournais d'un coup de pied l'amas d'acier et de cuir que formait la camisole, qui laissa échappée une nuée d'ombre avant de s'effondrer.

# Posté le vendredi 16 octobre 2009 14:47

face à face. 2/3

Il était libre.
Ce fut la seule pensée cohérente qui eut le temps de surnager au milieu de la panique qui me submergea. me paralysa. Jusqu'à ce que ce rire de dément résonne dans mon dos... Pivotant dans un réflexe salvateur je ne pus parer la lame qui fondait sur moi que d'extrême justesse.
- Beau réflexe, siffla mon agresseur entre ces dents étirées en un large sourire. J'ai bien crus que tu allais y passer dès le premier coup. Cela aurait été tellement frustrant après toute la peine que je me suis donné pour te faire descendre jusque ici. Tu me rends si peu visite dernièrement. Mais je savais bien qu'une fois débarrassé de ta nouvelle lubie j'accaparais de nouveau toute ton attention. Et après des mois d'efforts j'ai enfin réussit. Elle est parti et te voila tout à moi. A ma merci.
Tentant de tirer parti de l'exaltation de mon adversaire je dégageais ma lame et portais un coup rageur en direction de sa gorge. Ma lame ne trancha qu'un nuage obscur qui envahit bientôt toute la pièce.
Seul son sourire, tel celui d'un chat de chester carnassier et psychotique, se découpait encore au milieu de cet mer de noirceur, continuant de me narguer.
- Tsss, après tout le mal que j'ais eu à te faire descendre. Tu pourrais être plus gentil avec moi. Je m'ennuis tout seul ici, enfermé dans le noir avec ma folie pour seule compagne. Alors que toi tu as tout, un royaume, un palais, des sujets et une compagne. Et qu'en as-tu fais ? Tu t'ais muré dans tes souvenirs, tissant une carapace de malheur autour de toi. Toi qui avais tout tu t'acharnais à te considérer comme démunis.
Heureusement que j'étais là pour prendre soin de ta petite amie, pendant que tu étais trop occupé à pleurer un passé à jamais perdu. Evidemment cela ne t'empêché pas de vouloir l'enfermer avec toi, de la couper de tout. la mettant en garde contre moi. mais à force de cajolerie et d'attention, cette même attention dont tu l'as privé de plus en plus, j'ai réussis à la convaincre de me rejoindre.
Sais-tu qu'au début elle avait peur de moi ? Mais comment aurait-il put en être autrement après tout ce que tu lui avais raconté à mon sujet... Mais nous avons finit par apprendre à nous connaître. Elle m'a ouvert son c½ur, m'a parlée de la peine qu'elle ressentait à vivre avec toi qui ne la voyais plus vraiment. toi qui étais trop occupé à veillé des fantômes. Alors, malgré la peur d'être à nouveau seul ici, j'ai fini par lui offrir un échappatoire à ta compagnie. En échange de cette chaleur qu'elle m'avait si gentiment offerte et pour tenter d'apaiser la peine que tu lui causais, je l'ais reconduit dans le vrai monde. Là où elle serra libre de vivre sa vie et de véritables rêves.
mais rassure toi, elle va bien. Très bien même. Elle a trouvée des gens charmants avec qui elle est partie en voyage passer un peu de bon temps. Je ne l'aurais pas laissé aller n'importe où tu penses bien. Elle a été si gentille avec moi. Et puis grâce à elle j'ai enfin l'occasion de te revoir après tout ce temps.
Mais attend. Je te sens septique. Peut-être voudrais-tu que je te rassure en te montrant quelques images ?

A peine ces mots furent-ils prononcés qu'une nuée de scènes me traversèrent la tête... Suivies de la multitude de sons de sensations et de pensées qui les accompagnaient.
Je la vis embrassant un autre homme. Rire au éclat en sa compagnie et celles d'autres personnes. Partir avec eux sans même regarder en arrière. Je la vis blottie dans ses bras. à l'abri d'une tente. A l'abri du regard des autres. Mais pas du mien... Un tas de vêtements abandonnés sur le sol. Le spectacle éclairé en demi teinte, et pourtant au combien visible à mon esprit, de deux corps enlacés, imbriqués, ce mouvant lentement, au rythme de respirations dans les quels l'on pouvait sans peine déceler de la passion... et tout au long de ce douloureux spectacle, il ne fut pas une fois où mon image s'imposa à son esprit... où mon nom effleura ses lèvres. Après toutes ces années de vie commune il avait suffit d'un instant, d'une rencontre pour que je disparaisse de son esprit. comme si je n'avais jamais existé. jamais conté...
Mon corps se révulsait, tentant vainement de soustraire mon esprit impuissant à ces visions... Que mon bourreau ne manquait pas d'agrémenter de commentaires incessants :
- J'espère que cela te plait. Après tout tu es le seul responsable de ce magnifique résultat. Je serais presque jaloux sais-tu ? Tous ces siècles passés ici à ne penser à rien d'autre qu'à la façon de te faire payer mon enfermement. la meilleur façon de te faire souffrir. et finalement tu as fait tout le travail, mon seul mérite ayant été de te faire ouvrir les yeux sur tout ce que tu as perdue. Voila qui est plutôt frustrant.
Mais je reconnais que ton indifférence et ta ranc½ur avaient atteins de tel sommet que je suis moi-même surpris de ta réaction. Je ne m'attendais vraiment pas à ce que tu sois aussi touché par ce petite film. Regarde toi je viens tout juste de commencer que tu es déjà à genoux, presque à moitié mort.
pathétique ! où est donc ta combativité ? Pourquoi ne ressens-tu aucune haine à son égard ? Elle t'as abandonnée ! Elle est partie pour un autres sans aucun remord ni considération pour toi et tout ce que tu trouves à faire c'est te morfondre à mes pieds ? Donne moi ta colère ! Ta haine ! Tes larmes de rages !

Haine ? Rage ? A quoi bon... Tout ce qu'il avait dit été vrai. Je l'avais abandonné, délaissé. Ma ranc½ur à l'encontre des ses actions passées, toutes ces petites et grandes choses qui avaient put me faire doutées qu'elle soit faire pour moi, avaient atteint un tel niveau qu'il m'était arrivé de vouloir la voir partir. Et bien voila qui était chose faite... Je n'avais aucun droit de lui en vouloir d'avoir réalisé mon souhait. Même si maintenant que je l'avais perdu comme jamais auparavant je me rendais conte à quel point mon amour pour elle était encore vif. Adam avait raison, je m'étais enfermé sur moi même. M'étais acharné à repousser toute personne voulant m'aider. Partant du principe erroné qu'adopte les personnes prisonnières de leur idées noirs que nul ne pourrait jamais les comprendre et les secourir.
J'avais voulut la protéger de cet être malsain et dangereux qui se tapissait au fond de mon royaume, de mon c½ur. Au lieu de cela j'avais joué son jeu et avais poussé mon amour dans ces bras... J'avais tellement peur de tout perdre en me livrant que c'était justement ce que j'avais provoqué.
J'aurais voulut qu'elle soit là pour moi, qu'elle me soutienne et qu'elle m'aide comme j'avais tenté de l'aidé temps de fois mais au finale je ne lui avait laissé aucune chance de le faire. Alors, dans de telles conditions, avais-je vraiment le droit de lui en vouloir de sa réaction... Cela été loin, très loin, d'atténué la douleur mais je la comprenais...

Alors que j'avais complètement oublié l'endroit où je me trouvais et en quelle compagnie, perdu que j'étais dans ma douleur et mon dégout de moi-même, je sentis soudain une mains ce refermer sur mes cheveux et tirer enfin de me relever. Me ramenant à la réalité.
Son visage, son détestable visage, aux traits tout à la fois de loup et de corbeau, ce trouvait à quelques centimètre du mien et tandis que je le voyais approcher la lame de mon sabre de ma gorge exposée, je l'entendis prononcer ces mots dans un souffle moqueur : Je suis très déçu, tu étais bien plus combatif à la mort de Lilite...
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# Posté le vendredi 16 octobre 2009 14:46

Modifié le mardi 20 octobre 2009 20:13

retour de flammes. 3/3

Je mis un moment avant de m'apercevoir que le hurlement de rage qui emplissait soudain chaque centimètres carrés de l'immense grotte dans la quelle nous nous trouvions provenait de ma gorge.
A vrai dire je ne m'en rendis seulement compte qu'après avoir arraché mon sabre des mains de mon tortionnaire et lui avoir planté la lame, jusqu'à la garde, en plein c½ur.
Son hoquet de surprise fut vite effacé par le même sourire dément qu'il affichait depuis le début de notre confrontation. Bon sang mais qu'est ce qu'il clochait avec lui. Je venais de le transpercer de par en par et ce fou continuait à sourire comme si de rien n'était. Son expression se tinta même d'un voile de plaisir, d'extase...
- Oui, encore ! Continue. Laisse sortir ta colère. Nourri moi. Laisse moi le contrôle ! Sur ce mots son corps se transforma en brume, m'entoura, et fondit sur moi. En moi.
La colère qui se tapissait au fond de mon c½ur et que je tentais d'étouffer depuis tant de temps s'embrasa à son contact, me faisant perdre tout contrôle... me consumant.
Oui j'avais été froid et distant avec elle ces derniers temps. Oui mon désespoir à son sujet en était arrivé au point que je m'étais imaginé la quitté plus d'une foi. Mais ce souhait stupide était seulement dut à ma perte de courage. J'avais fait déjà tellement de chose pour elle. M'était assis sur mes désires, ma colère et ma peine tant et tant de fois. Et pour quel résultat ? Pendant près de deux ans je l'avais vu me fuir petit à petit, refusant l'intensité de mes sentiments, de s'impliqué complètement dans notre relation. Je m'étais pattu pour elle, contre elle quant je pensais que c'était nécessaire. Pris le risque de perdre son amour si je pensais que cela était nécessaire pour son bien... Et elle n'avait pas cessé de réclamer sa liberté et moi, trop désireux de lui faire plaisir, de ne pas la brusquer, j'avais laissé les choses se faire. Je l'avais laissé sortir sans plus lui posé de questions, me détournant de cette partie de sa vie pour lui laisser un peu d'intimité. Encore une fois à sa demande...
A ce moment mes vieux démons ont ressurgis et je me suis détourné de celle sur qui je doutais de pouvoir conter... et le temps fini par me donner raison. Après les nombreuses chances que je lui avais donné au fil de temps elle ne m'en accorda pas une seule. Une fois que je rompis le contact elle n'essaya pas, ou si peu, de renouer le contact et préféra se réfugier au près de ces nouveaux amis...
Et maintenant elle était partie , avec un inconnue. Vivre ses rêves avec lui, alors que depuis deux ans j'attendais de les réaliser en sa compagnie. Elle n'avais aucun remord, avait balayée deux ans et demie de relation comme si cela n'était rien pour ce jeter dans les bras d'un autre sans aucune considération pour moi. Sans prendre le temps de réfléchir. Sans respecter aucun temps de pose entre la relation que nous avions partagés et cette... aventure sans lendemain. Comme si il n'y avait jamais eu d'amour entre nous, rien qui ne contais suffisamment pour nécessiter du temps...
J'avais refoulé ma colère, mes reproches, pour ne pas la blesser plus que de raison, par ce que j'espérais qu'elle arrête d'avoir peur et qu'elle excepterait enfin de vivre notre relation. que la magie des débuts reprennent vie. Tout sa pour quoi ?
Je me sentais trahit, trompé. Humilié !

La rage ne cessais de grandir en moi, elle qui était refoulait depuis si longtemps semblait désormais incapable de s'éteindre, prête à me consumer littéralement, complètement... et malgré le ricanement que je percevais, en arrière plan de mes pensées brulantes, au loin me faisant comprendre qu'Adam était arrivé à ses fins, je cessais de lutter, m'abandonné aux flammes. Il était tellement bon d'haïr sans retenu. Sans crainte des conséquences... Car après tout je n'avais plus rien à perdre. au contraire ce sentiment destructeur tant redouté n'était plus, désormais, que l'unique rempart me protégeant des flots tumultueux de peines et de douleurs qui s'étaient levés suite au vision offerte par Adam.
Oui je préférais me consumer à la chaleur de ces flammes plutôt que de me noyer une fois encore dans le désespoir. Je ne voulais plus de ces souvenirs. Je n'en avais jamais voulut et encore moins maintenant qu'ils seraient la seule chose que je garderais d'elle.
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# Posté le vendredi 16 octobre 2009 14:45

Modifié le mercredi 21 octobre 2009 07:11

allucination

Réveille-toi. Ouvre les yeux.
La voie était douce, chaleureuse et il aurait put l'écouter l'appeler toute la nuit sans ouvrir les yeux de peur qu'elle ne disparaisse, mais son intonation interdisait toute négociation. Il devait se réveiller. Ouvrant péniblement les yeux il eut l'agréable surprise de la voir penchée au dessus de lui. Nul spectacle n'aurait put être plus agréable que celui de ces grands yeux vert le dévorant et de cette longue chevelure brune lui effleurant doucement le visage. Son sourire aurait sans aucun doute illuminé toute la chambre s'il n'avait été terni par une ombre d'inquiétude qui gâchait le plaisir de ces retrouvailles.
- Je rêve ? C'est bien toi ?
Sa voit était pâteuse de sommeil. Je t'ai attendu pendant si longtemps, j'ai douté, mais tu es enfin là. Tu es venue pour moi. Son sourire se ternit un peu plus encore avant qu'elle ne réponde : Pas exactement mon loup, je suis seulement venu t'avertir. Elle a eu un accident sur le chemin du retour. En ce moment les secours l'emmène de toute urgence à l'hôpital mais j'ai bien peur qu'elle ne survive pas à ses blessures alors je suis venu te prévenir. Tu peux peut-être encore lui dire au revoir si tu te dépêches et que tu arrêtes de me dévisager en souriant bêtement. Je suis heureuse de te revoir mais une fois encore les circonstances ne sont pas des plus favorables. Je suis désolée.
- ... un accident ? Comment... ? Pourquoi... ?
- Ses phares marchaient mal et avec sa mauvaise vue et la route rendue glissante à cause de la pluie elle n'a pas vue le camion à temps et n'a pas réussi à l'éviter... un accident stupide, sans coupable ni raison comme il y en a trop... j'aurais aimée que tu n'ais plus à traverser ça. mais cette fois je veillerais à ce que tu puisses lui dire au revoir, si tu te décides enfin à te lever.
Elle n'avait pas encore finit sa phrase qu'il était déjà entrain d'enfiler jean et chemise en se cognant à tous les meubles et en jurant dans le noir. Trente secondes plus tard il ouvrait la porte et descendait les marches en essayant de faire le moins de bruit possible.
- Tu ne réveilles pas tes parents ? Comment comptes tu arriver jusqu'à l'hôpital ? tu n'arriveras jamais à la frontière à temps en stop.
- Les réveiller ? Et pour leur dire quoi ? Que tu es venue me parler dans ma chambre au beau milieu de la nuit en me disant qu'elle avait eu un accident de la route ? le temps de leur expliquer tout ca le matin sera déjà là et je doute qu'ils me croient ce qui fait que je serais coincé ici jusqu'à ce que quelqu'un de bien tangible pense à m'appeler. Et il sera bien trop tard pour tenter quelque chose à ce moment là. Ce n'est pas parce que l'on ne veut pas me donner mon permis que je ne suis pas capable de conduire une voiture quand les circonstances l'exige et je compte sur toi pour me préserver du mauvais sort et des agents de police zélés.
Sans plus se soucier d'elle il ouvrit la porte du couloir, se dirigea vers la boite à clé, enfila ses chaussures et s'engouffra dans la nuit en direction de la voiture. Le temps qu'il ouvre la portière et elle se trouvait installée sur le siège passager la mine renfrognée.
- Tu ne devrais pas faire ca.
- Je sais mais je ne vois pas d'autre solution, répondit-il en réglant son siège et en mettant le contact. L'Espagne c'est dans quelle direction ?
- Par là.

Après avoir avalé bon nombre de kilomètre à un train d'enfer il se décida à briser le silence qui régnait dans l'habitacle depuis le départ.
- Tu ne l'aimes pas beaucoup pas vrai.
- Bien sur, elle t'a fait du mal, elle n'a jamais vraiment su être la pour toi et t'a souvent abandonné pour vivre sa vie. Tu mérites mieux.
- Comme toi c'est ca ? quand je l'ai rencontré ce n'était qu'une gamine paumée, ce qu'elle est encore par bien des côtés, mais je l'étais encore plus qu'elle et elle a dû gérer une relation à laquelle elle ne s'attendait pas. Pallier au vide que tu avais laissé en moi. Ca en aurait fait fuir plus d'une. pourtant elle est restée, et ce même quand j'ai commencé à l'empêcher de s'amuser comme elle le voulait et à veiller sur sa santé malgré ses envies.
- Tu faisais ca pour son bien, ce serai plutôt à elle de te remercier.
- Peut-être mais à l'époque elle ne voyait pas les choses de cette façon et j'aurais compris qu'elle fuit. Il n'est pas facile de vivre à l'ombre des fantômes des autres. surtout lorsque l'on a que 17 ans et que l'on n'a pas encore eu le temps de goutter à la vie.
- Tu es trop gentil...
- Mais c'est ce qui fait mon charme, lui répondit-il avec un clin d'½il. puis, redevenant sérieux ; de toute façon si c'était à refaire je recommencerais sans hésitation... j'essaierais juste de la faire parler davantage, sans son mutisme on n'en serait jamais arrivé là, et de ne pas me renfermer comme je l'ai fait depuis ces six derniers mois.
- Je suis désolée que tu ais encore à payer mes erreurs après tout ce temps...
- C'est peut-être à toi que je pensais mais cela reste quant même mes actes et mes décisions. Même si elle n'a jamais su trop quoi me dire quand je lui parlais de toi, je suis le seul à blâmer de m'être acharné à me taire et à ne pas voir ce qui se passait juste devant moi. Je n'aurais jamais dû me laisser submerger par mon mal-être et me croire seul alors qu'elle était là...
- Tourne à droite on est presque arrivé.
Quinze minutes plus tard il garait la voiture et partait en courant en direction de l'hôpital, déboulait dans le hall et se dirigeait sans attendre vers l'escalier.
- C'est quoi la chambre au fait ? cria-t-il sans se retourner.
- B 212, deuxième étage, couloir de droite.
Encore quelques pas et la porte était là. Haletant, il attendit quelques secondes la main sur la poignée avant d'entrer dans la chambre. Tous les regards convergèrent vers lui mais il remarqua à peine ses parents et sa s½ur assis autour du lit, regardant les infirmières s'afférer autour d'elle. Il ne voyait qu'elle allongée dans ce lit, inconsciente, son si beau visage défiguré par l'accident. S'avançant lentement de peur de tomber à cause de ses jambes tremblantes il prit sa main en répondant distraitement aux questions qu'on lui posait.
- C'est une vieille amie qui m'a prévenu. J'ai emprunté la voiture de mes parents pour venir jusque ici et non je n'ai toujours pas le permi. Mais assez parlé de moi, comment va-t-elle ? elle va s'en sortir ?
Silence dans la salle. Une infirmière finit par prendre la parole : elle a perdu beaucoup de sang, plusieurs organes sont touchés, c'est un miracle qu'elle est survécu au voyage. Au moins ne souffre-t-elle plus maintenant...
- Et vous trouvez que c'est une consolation vous ? Il n'y a rien à faire ? perfusion ? greffes ? rien ?
Simple hochement de tête négatif.
- Tu n'as pas pu me faire venir ici simplement pour que je la vois mourir, il doit forcément y avoir quelque chose à faire.
- Je vous demande pardon jeune homme, à qui parlez-vous ?
Il leva les yeux, dévisageant l'infirmière penchée vers lui quelques instants, avant de se tourner vers son amie.
- Je ne me contenterais pas de la regarder agoniser sans rien faire, aide moi à la sauver !
- Je ne peux rien faire...
- Balivernes, tu ne te serais pas donné autant de mal pour m'emmener jusqu'ici autrement. seulement il y a des risques et tu refuses de me les faires courir.
Il savait que tous le regardaient comme s'il avait perdu la raison à parler ainsi dans le vide mais il ne s'en souciait pas le moins du monde. Il y avait des choses beaucoup plus importantes, aussi continua-t-il, plantant ses yeux bien au fond de ceux de la jeune femme qu'il était le seul à voir.
- J'ai déjà du me plier à ta volonté une fois et cela m'a couté des mois de larmes et des années de doutes alors je ne compte pas te laisser mener la danse cette fois encore. Je l'aiderais avec ou sans ton aide donc s'il y a des risques il vaudrait mieux que tu m'aides à les surmonter plutôt que je les affronte seul.
- Tu ne connais pas les formules, ni les gestes, tu ne sauras pas t'y prendre sans moi.
- Alors tu me condamnes à revivre encore cette douleur, ce sentiment d'impuissance ? les morts non pas droits de régence sur les vivants. Il s'agit de ma vie et tu n'es malheureusement plus là pour la partager avec moi alors laisse moi en user comme bon me semble pour sauver celle que j'aime.
- Mais elle ne t'aime pas ! Elle t'a quittée et ne reviendras peut-être pas si tu la sauves. Est-ce que cela vaut vraiment le coup de risquer ta vie et ton âme pour en tirer un bénéfice aussi infime qu'incertain... si tu t'entêtes à vouloir la sauver tu ne pourras peut-être pas en profiter et nous ne pourrons même plus nous retrouver dans l'autre monde...
- Ne me demande pas de choisir entre vous deux... je ne peux pas vivre ma vie avec toi. tu m'as enlevé ce choix il y a longtemps et je ne veux pas la perdre à son tour. qu'importe si je suis ensuite là pour partager sa vie où non. Au moins elle vivra et il y aura toujours un espoir pour qu'elle revienne vers moi. Comment pourrais-je me regarder en face en sachant qu'elle serait morte parce que je n'aurais pas eut le courage de faire ce qui s'imposait. Je t'aime mais tu as fait tes choix, ils nous ont séparés. puis je l'ai rencontré et maintenant je ne l'abandonnerai pas, même pour le bonheur de te revoir. Je n'en ai pas le droit et tu le sais. Maintenant aide moi s'il te plait ou prend le risque de me voir mourir pour rien.
La scène devait paraitre surréaliste aux autres occupants de la pièce et pourtant aucun d'eux n'avaient encore pipés mots, trop ahurit sans doute devant le spectacle de ce garçon occupé à gesticuler et à parler tout seul.
Quand après un instant de calme où, hochant la tête, attentif, comme s'il écoutait consciencieusement les directives d'un mystérieux interlocuteur, il s'avança et débrancha la perf de morphine de la jeune fille une des infirmières eut bien un mouvement, mais l'étrange litanie qu'il s'était mit à réciter d'une voie profonde à l'oreille de la convalescente la stoppa net. La mourante se mit bientôt à s'agiter doucement avant d'ouvrir les yeux et de regarder surprise ce visiteur inattendu penché au dessus d'elle, le regard perdu dans le lointain. Marquant une pose il lui sourit, lui caressa amoureusement le front et lui susurra deux phrases ; fait moi confiance, et Ne t'approche pas de la porte. Avant de se pencher vers elle et de l'embrasser.
Aussitôt après les signes vitaux de la jeune fille s'emballèrent puis s'éteignirent d'un coup. La bulle de tension jusqu'àlors retenu dans la pièce éclata et les parents se mirent à hurler tandis que les infirmières se ruaient vers le lit pour éloigner le jeune homme qui, les repoussant d'un mouvement d'épaule s'accrocha au lit et se mit à crier : Empêche les de m'interrompre où tout ca ne servira à rien, avant de se mettre à psalmodier de plus en plus fort pour couvrir le vacarme. En transe il posa sa main droite sur le c½ur de la jeune fille et la gauche sur son front, puis saisi de spasme violent il garda cette position tandis que les blessures et les ecchymoses se résorbaient à vue d'½il.
Quand plus aucune marque ne fut visible il se plia en deux prix d'un haut le c½ur et, haletant, se cramponna au lit pour ne pas tomber.
Il semblait avoir vieilli de dix ans en quelques secondes, des cheveux blancs striaient sa longue chevelure et il avait le souffle court comme après un violent effort. Mais la jeune fille elle n'avait plus aucune marque de son accident. Si sa poitrine ne restait pas désespérément immobile on aurait put la croire profondément endormi.
Il était épuisé mais le plus dur était fait. Sa vie n'était plus en danger et elle ne garderait aucune marque de cet accident. Il avait même poussée le zèle au point d'effacer ses cicatrices au dos, au genou et au menton.
Maintenant si la pièce voulait bien arrêter de tourner il pourrait peut-être essayer de réintégrer son âme dans son corps. Fermant les yeux en chancelant, il prit une profonde inspiration et plongea à sa recherche.
Quand il vit la trappe noir se découper sur le sol du grand hall il sut qu'elle ne l'avait pas écouté et malgré l'urgence qui le saisit il ne put s'empêcher de sourire devant cette nouvelle preuve de son entêtement à n'en faire qu'à sa guise.
Dévalant les marches quatre à quatre il s'engouffra dans le passage menant à la porte interdite où se dissimulaient toutes ses peines et ses souffrances.
Comme il fallait s'y attendre il la trouva prostrée dans le noir à quelques pas seulement de l'encadrement. Immobile elle tentait de résister à l'assaut de toute la ranc½ur et la peine qu'il avait accumulé à son égard au fil des années sans jamais pouvoir s'en débarrasser vraiment.
Sa déception le jour où il l'avait vu fumer pour la première fois, ses interminables disputes au sujet des soirées, de l'alcool, puis de son manque d'entrain pour le voir, l'imposer dans sa vie, son mutisme quasi perpétuel... tout cela il le voyait tournoyer autour d'elle et la blesser de plus en plus profondément. Combien de fois l'avait-elle abandonné, délaissé alors qu'il avait fait le déplacement dans le seul but de la voir ? Combien de fois l'avait-elle ignoré dès l'instant qu'elle s'était retrouvée entourée alors qu'il avait été le seul à la soutenir jusqu'alors ? Combien de fois avait-elle été dans l'incapacité de l'aider ou de le consoler alors qu'il en avait tant besoin ?
Toutes ces questions il les voyait se bousculer dans sa tête, encrer leurs griffes venimeuses au plus profond d'elle-même et saper son espoir de revivre un jour quelque chose d'aussi magique que leurs premiers moments, et cela lui déchira le c½ur. Aussi s'avança-t-il vers cette jeune fille noyée sous tant de doute et d'incertitude et lui tendit-il la main, un sourire sur les lèvres et tout l'amour du monde dans les yeux.
A peine l'eut-il relevé et serré dans ses bras que les ombres avaient disparues. Conjurées par l'amour et l'espoir qui lui débordaient encore du c½ur malgré tout ces moments difficiles qu'ils avaient traversés.
Oui les choses avaient vite dérapées mais depuis qu'ils avaient réussit à régler ensemble ces problèmes liés aux soirées il n'y avait jamais rien eu de vraiment problématique entre eux. Hormis cet interminable souci de communication bien sur... tout venait de là au fond. Ces premières soirées gâchées par l'incompréhension de la jeune fille devant ses sentiments à lui, son désir de ne jamais être séparé d'elle. Son besoin à lui, toujours frustré, de l'entendre parler de ses problèmes spontanément qui l'avait conduit à lâcher prise, petit à petit, à ne plus la harceler de question au point que le dialogue avait finalement était complètement rompu en ce qui concernait toutes les choses importantes... si les choses avaient été différentes il ne se serait pas désintéressé autant de sa vie de tout les jours cette année, il lui aurait parlé de son mal être, de sa souffrance de ne plus la voir lui raconter ses projets, ses sorties. Lui-même aurait pu se confier, lui dire le malaise que ses fantômes faisaient peser sur lui. L'angoisse ressentit ces trop nombreux soirs où il allait se coucher seul, alors qu'il aurait été si simple de la voir... son désir douloureux de la voir arriver par surprise un soir, de le prendre dans ses bras et de lui dire qu'elle l'aimait et qu'il pouvait tout lui raconter, qu'elle était là pour lui. Son plaisir d'être dans ses bras, le bonheur de pouvoir dormir en paix avec elle, tout cela il n'avait pas su en profiter ni lui faire ressentir à quel point ces moments lui étaient précieux. Bien au contraire...
Mais tous les deux s'étaient coupés l'un de l'autre. Trop obnubilés qu'ils étaient par leur vie et leurs problèmes respectifs. Trop fatigués de se rater de si peu à chacune de leur maladroites tentatives pour renouer le contact. Et pourtant il aurait suffit de si peu pour que tout s'arrange. Un simple mot, un simple geste au bon moment aurait pu tout effacer car après tout, malgré ce douloureux silence qui pesait entre eux, ils avaient réussi à passer de merveilleux moments ensemble. Combien de nuit d'amour, combien de moment simple passé à rire où à simplement savourer le plaisir d'être ensemble. Si seulement il avait pu mieux les savourer plutôt que de les amoindrir à chaque fois qu'elle partait en regrettant qu'une fois encore elle ne lui ait pas parlé. Qu'une fois encore il n'avait pas su exprimer ce qui lui rongeait le c½ur...
Mais naïvement, stupidement, il avait toujours cru qu'il avait le temps, qu'elle serait toujours là quand il aurait trouvé le courage de se confier ou la force de se remettre. Seulement il s'était trompé. Aujourd'hui ils n'étaient plus ensemble. Ils avaient laissé le monde s'immiscer entre eux et le monde l'avait emporté loin de lui sans qu'il ne puisse rien y faire. Bien sur il avait essayé de la faire revenir. Il lui avait enfin ouvert son c½ur mais il était trop tard. La belle avait pris sa décision sans lui. Avait confié ses problèmes à d'autres que lui, d'autres plus attentifs qui lui avaient conseillés de partir et aujourd'hui il était seul, le c½ur emplit de regret, de rêves inachevés et de fol espoir...
Une douce pression lui enserrant la taille le ramena au présent. Elle se trouvait toujours là, blottit dans ses bras, submergée par tout ses sentiments et elle le regardait avec ses grands yeux où l'amour et l'espoir le disputait au doute et à la tristesse. Toutes ces choses étaient-elles encore vraiment possible ?
Lui l'espérait en tout cas, et il voulait croire qu'elle finirait par revenir. Les choses étaient allées très loin cette fois-ci et elle avait fait dieu sait quoi durant son séjour en Espagne, peut-être fallait-il une telle chose pour qu'un nouveau départ soit enfin possible. Désormais elle connaissait ses sentiments et les problèmes qui l'avaient détourné d'elle et lui savait qu'elle était capable de se confier. Tout restait encore possible.

Quand ses lèvres quittèrent les siennes pour la deuxième fois cette nuit sa poitrine se remit à se soulever doucement. Quand il voulut s'éloigner d'elle elle l'enlaça dans un reflexe. Son c½ur chavira devant ce geste qu'il savait pourtant provoqué par la cascade de sentiments dont il l'avait littéralement submergé. Se dégageant tendrement, malgré la douleur que lui causait un tel acte, il la réinstalla confortablement dans son lit et lui caressa amoureusement la joue avant de sortir de la chambre. Elle était tirée d'affaire et elle connaissait son c½ur. Désormais c'était à elle de décider si elle voulait bien leur accorder une seconde chance où qu'au moins elle accepte de le revoir, que les choses ne finissent pas de façon aussi abrupte entre eux. C'était cela le plus difficile, se dire qu'il l'avait peut-être perdu complètement, définitivement, du jour au lendemain sans qu'il ne puisse rien y changer.
Sans qu'il ne puisse faire autre chose qu'espérer.

...

# Posté le samedi 08 août 2009 15:57

Modifié le dimanche 09 août 2009 11:23

Quant je serais grand je serais chauffeur de bus ! Et moi dessous...

Il parait que je suis trop vieux pour croire encore aux comptes de fées
Et que je suis trop jeune pour constater à quel point nos vies sont pourries.
Ce qui est sur en tout cas c'est que je ne suis pas capable de me faire une raison..

# Posté le vendredi 07 décembre 2007 13:38

Modifié le lundi 28 septembre 2009 14:23